Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 01:34

Auteur : Brian W. Aldiss

Publié pour la première fois en 1961 aux USA dans « The Magazine of Fantasy and Science Fiction »

Titre original : Hothouse

 

Publié pour la première fois en France en 1962 dans Fiction n°100 (éditions OPTA)

 

Présente édition parue en France en 1974 chez J’ai lu

304 pages

Traduction de l’Anglais par Michel Deutsch

Couverture : Tibor Csernus

ISBN : Néant (codes ISBN crées à partir de 1971)

Exemplaire acheté d’occasion



Nous sommes sur Terre, 2 milliards d’années dans le futur. Le réchauffement climatique a fait son œuvre : Le jour est perpétuel sur 50 % de la surface du globe, et la nuit omniprésente sur l’autre moitié. La civilisation s’est effondrée, le paysage n’est plus qu’une jungle touffue (« Il n’ y a plus de place pour un seul brin d’herbe ») ou chaque végétal lutte âprement pour conserver sa parcelle de terre. L’espèce humaine a du muter pour survivre dans un monde désormais dominé par des végétaux devenus agressifs par nécessité : Les humains vivent désormais dans des coquilles de noix et ont la peau verte (mimétisme salvateur !). Il reste également quelques espèces d’insectes qui ont su s’adapter grâce à une organisation sans faille : les termites, fourmis, guêpes et abeilles, sans oublier les travertoises, araignées végétales qui vivent dans les zones les plus hautes des arbres et qui tissent leur toile entre la Terre et la Lune.

 

Nous observons la vie quotidienne de 18 humains, menés par Lily-Yo femme chef. Les  jeunes enfants, nombreux dans ce groupe, sont des proies faciles pour les terribles tigres volants et autres carnassiers végétaux. Ce jour là, c’est le petit Clat qui meurt, et le Groupe se doit d’emmener son âme vers les Hautes Cimes pour l’honorer. Nous apprenons ensuite que        Lily-Yo devient trop âgée pour diriger le groupe, c’est l’heure pour elle d’effectuer la Grande Montée vers les cimes avec quelques compagnons. Le groupe se sépare.

 

Le clan des jeunes, mal organisé et secoué par des luttes de pouvoir, finit par bannir Gren. C’est également le plus intelligent d’entre eux. Poyly, une jeune femme, quitte le groupe pour le rejoindre. Alors qu’ils cherchent un abri, ils rencontrent Yattmur qui les conduit jusqu’ à sa tribu, installée sur la mystérieuse « Bouche noire ». Gren, épuisé, se repose dans une caverne et sent soudain une chose s’agripper à son crâne et lui murmurer d’étranges paroles…Nous suivons ensuite l’incroyable périple du groupe qui traverse la Mer et la zone de nuit, étranges territoires qu’ils n’ont jamais vu, en croisant des créatures toutes plus étranges les unes que les autres.

 

L’idée principale développée ici par Aldiss est liée à la toute puissance de la Vie sous toutes ses formes : Même si la civilisation a disparue et que ce monde vert semble cruel, il reste une porte de sortie pour les espèces qui veulent tenter le voyage : la Lune. Dans le même ordre d’idée, l’auteur nous explique que lorsqu’un être meurt ses chairs se transforment en humus, qui contribue  à nourrir la jungle. Comme le dit le chimiste Lavoisier, « Rien ne se perd, rien ne se détruit, tout se transforme ». Enfin, le roman s’achève sur un dilemme pour Gren :  Soit poursuivre son exploration de nouvelles Terres ou pourraient s’installer les générations futures, ou alors rester sur Terre, univers connu, et jouir de la vie avec sa compagne et son enfant. Gren choisit la seconde option : Jouir de la vie maintenant, sans se soucier de l’avenir.

 

 

Ce qui frappe tout d’abord, c’est l’imagination débordante de l’auteur, entomologiste à ses heures, tant pour décrire un écosystème de façon très détaillée que pour mettre en scène des êtres vivants dotées de curieuses propriétés telles que la fameuse morille, ou encore les femmes esclaves du Sodal, prophète fort âgé et très sage qui va croiser la route de Gren et lui enlever une belle épine du pied, comme on dit… Oups, pardon…je voulais dire lui enlever une belle morille de la tête.

 

L’écriture est très poétique et humaniste, au sens ou il n’y a aucun élément technologique dans ce roman, sauf Beauté, un oiseau mécanique, crée par les hommes il y a bien longtemps. Certaines descriptions évoquent des paysages magnifiques, telles que les travertoises se déplaçant sur des fils argentés entre la Terre et la Lune…

 

Le premier tiers du livre est à mon goût un peu trop fourni en descriptions de plantes toutes plus incroyables les unes que les autres, ponctuées par les (trop) fréquentes morts de jeunes humains pris aux piège de certaines plantes. Conséquence : Le rythme de l’intrigue considérablement ralenti et étouffé, au point qu’on se demande si les 300 pages suivantes seront du même cru. Heureusement, l’action reprends le dessus à partir du moment ou Gren est bani, et le rythme de l’intrigue ne connaît ensuite plus de temps morts.

 

Faut-il voir dans ce roman un parallèle entre le cerveau de Gren dominé par la morille et la consommation de champignons hallucinogènes modifiant les perceptions sensorielles consommés dans les années 60 ? Je ne sais pas, mais la question me semble légitime.

 

 

Pour les non-anglophones, « Hothouse », le titre original, signifie « Serre chaude », et le nom du personnage principal, Gren, est très proche du mot green, qui, en anglais signifie « vert »…

 

« Le monde vert » a été récompensé par le Prix Hugo en 1962.

  

 

Au final, « Le monde vert » est une œuvre qui, à l’image d’une jungle étouffante dans laquelle on pénètre pour la première fois, demande au lecteur un effort et de la patience pour y pénétrer. Dès que cette étape est franchie, on se laisse happer avec bonheur par ce pays des merveilles. Paru 4 ans avant le Seigneur des Anneaux, on retrouve dans ce texte l’aspect «quête initiatique» et maturité du héros acquise grâce aux rencontres faites.

PS :
Quelle est le « plus » apporté par la réédition récente de ce texte chez Folio SF par rapport à mon exemplaire d’occasion ? La traduction, apparemment : Folio SF a reprise celle refaite en 2007 par les éditions Terre de Brume, traduction signée Michel Deutsch. Pour information, c’est le même Michel Deutsch qui a fait la traduction de 1962, dans mon édition d’occase…Je n’ai malheureusement pas trouvé d’exemplaire de l’édition Terre de Brume pour pouvoir dire si le texte  été remanié de façon significative ou non.

Par Laurence
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 17:14

Auteur : Jacques Sadoul

Publié pour la première fois en 2006 en France chez Bragelonne

 

Présente édition parue en France en 2007 chez J’ai Lu

288 pages

Couverture : Studio de création « Passe moi le sel »

ISBN : 978 2 290 00109 7

Prix éditeur 2007 : 6,70 € TTC



Je ne m’étendrai pas sur l’aspect visuel de la couverture, assez grossier. Je comprends pour le rouge, qui fait ressortir l’ouvrage sur les tables bien chargées des librairies, mais pour le titre et la mention explicative…    Je m’explique : L’auteur, Mr Sadoul, a eu du mal à trouver un éditeur pour publier ce livre, qui n’est pas mauvais, loin de là. Alors pourquoi ? Simplement parce que, comme on lui a dit : « Mr Sadoul, le grand public ne vous connaît pas, à part peut être une poignée d’amateurs de science-fiction… » Résultat : Le seul éditeur qui a accepté de le publier, Bragelonne, est spécialisé dans la science-fiction et Fantasy.

 

L’ironie de la situation, c’est que si vous, « grand public », ne connaissez pas Jacques Sadoul, vous connaissez sûrement la maison d’édition de livres de poche « J’ai lu ». Or, il se trouve que Jacques Sadoul a été pendant 30 ans directeur littéraire chez « J’ai lu », toutes collections confondues.

 

Je ne sais pas si cet ouvrage s’est bien vendu (si quelqu’un peut me renseigner il sera le bienvenu), mais ce qui est sûr, c’est que la couverture a certainement contribué à éloigner des lecteurs potentiels :

Tout d’abord, le titre : Enigmatique, qui ne donne aucune information sur le contenu, une erreur  à mon humble avis, pour un ouvrage qui n’est pas une œuvre d’imagination mais bel et bien un document.

Ensuite, la petite note explicative sous le titre : « Souvenirs science-fictifs et autres ».        Le passant qui s’arrête devant cette couverture ne retiendra que l’allusion à la science-fiction, alors que les souvenirs qui s’ y rapportent représentent à peine ¼ du livre. Au final, celui qui exècre la science-fiction passera son chemin, et celui qui aime ce style sera déçu.

 

J’aurai plutôt vu un titre du style « 30 ans  à la tête des collections de « J’ai lu » , Jacques Sadoul raconte », ou alors « J’ai lu », une histoire d’amour de 30 ans. Comme arrière plan, une mosaïque composée de toutes les couvertures des best sellers sortis à l’époque de     J. Sadoul, en bicolore rouge et blanc, si on tient absolument à cette couleur…, bref, quelque chose de parlant pour le « grand public », qui est justement la cible de « J’ai lu ». Je suis sûre que ces mémoires auraient intéressé les amoureux de la lecture et des livres de poche, et pas seulement les fans de science-fiction.

 

 

Passons au contenu.

Arrivé à Paris en 1956 à 22 ans, Jacques Sadoul fait ses premiers pas dans le monde de l’édition avec des  écrits publiés dans Hitchcock magasine, des éditions Opta.                Très persévérant, il finit par convaincre Maurice Renault, directeur d’Opta et grand amateur de littérature policière, de créer une collection de science-fiction. le « Club du livre d’anticipation » est né. Nous sommes en mail 1965 et  à cette époque ce style de littérature était à peine connu en France, et les textes disponibles, en provenance des pays anglo saxons, rarissimes. L’originalité de cette collection reposait sur la publication de textes inédits en France rédigés par de grands auteurs en pleine ascension aux USA tels que Asimov. La présentation luxueuse, avec couverture toilée, était également novatrice à cette époque. Le succès fut immédiat.

 

Après ce premier coup de génie, Jacques Sadoul arrive chez « J’ai lu » et crée la première collection de science-fiction en format poche en 1970, publiant des rééditions, mais également des nouveautés, ce qui était très audacieux à cette période.

 

Nous passons ensuite dans les coulisses du travail de directeur éditorial grâce  à quelques exemples de best sellers tels que Kramer contre Kramer, 37°2 le matin, les nuits fauves,..lancés soit grâce à beaucoup de travail, soit à un très bon flair, ou encore, comme le reconnaît l’auteur, au plus grand des hasards.

 

Jacques Sadoul évoque également ses rencontres, parfois cocasses, avec des personnalités aussi différentes que  Marcel Dassault, Arlette Laguiller, ou encore Barbara Cartland.

On apprends également énormément de choses sur les rouages d’ une maison d’édition, et on découvre aussi l’audace dont a fait  preuve Jacques Sadoul en lançant pour la première fois en France de nombreuses idées de collections reprises depuis par toutes les maisons d’éditions spécialisées dans le format poche : Science-fiction en 1970,  les « livres pratiques » en 1989, la collection « Librio » à prix réduit en 1994, les mangas dans le sens de lecture japonais en 1996 ,…La naissance de toutes ces idées est expliquée dans ce livre.

 

Pour les amateurs de science-fiction, Jacques Sadoul évoque sa rencontre avec Jacques Bergier, Van Vogt, Clifford.D.Simak, ses visites aux plus célèbres conventions de SF de la planète, ainsi que quelques informations concernant l’écriture de ses propres livres, notamment ses sources d’inspiration pour les paysages de la trilogie du domaine de R. On peut toutefois regretter qu’il n’y ait pas une ligne sur le lancement chez « J’ai lu » de la revue « Univers », anthologie périodique au format poche de textes anglo-saxons et français, crée en 1975, avec un numéro par trimestre jusqu’en 1980, puis un par an jusqu’en 1990.

 

Ce bouquin est émaillé d’une multitude d’anecdotes, on y trouve également beaucoup de digressions portant sur notre société actuelle, qui vont du 11 septembre 2001 à             « Loft story » en passant par des notes de voyage  à Cuba, le sport, la prononciation du mot « Gerssss », etc. Elles n’ont pas de rapport direct avec le monde de l’édition, mais permettent de mieux cerner la personnalité du bonhomme. J’y reviendrai plus tard.

 

Entré chez « J’ai lu » le 1er avril 1968, il en ressort en janvier 1999 après une carrière bien remplie, pour prendre sa retraite et rejoindre le Gers, sa terre natale, ou il peut enfin se consacrer à temps plein à l’écriture, entre autres.

 

Le livre contient en encart central les photos couleurs des couvertures les plus célèbres de  « Jai lu » pendant la période Sadoul, ainsi que, pour terminer en beauté, quelques phrases très cocasses relevées par son assistante tout au long de leur collaboration. Chaque chapitre est consacré à une année marquante dans sa carrière, et on y trouve les principaux faits de société ou œuvres qui l’on frappé.

 

 

Au final, un document précieux pour les livrophages, au vu des informations dévoilées sur le métier de directeur de collection, mais également intéressant car il nous dévoile un personnage très attachant, plein d’humour, humain, qui fait preuve de bon sens, lucide, agissant avec beaucoup de tact dans certaines situations délicates, tourné vers l’avenir, et toujours en prise avec notre époque actuelle.

 

Ce petit livre se lit très bien, on ne s’ennuie pas une minute. Comme dirait l’autre, « On a tous en (chez) nous quelque chose de « J’ai lu », des lectures qui nous ont marqué profondément. Pour moi, ça a été la découverte de Philippe Djian et de Stephen King. Eh oui, ses tous premiers textes, dont Carrie en 1976, sont parus pour la première fois en France chez J’ai lu, directement en poche, s’ il vous plaît. Si c’est pas du flair, ça…

 

Par Laurence
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Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /Fév /2009 23:32

Publié pour la première fois en 1752 en France (date de rédaction inconnue)

 

Exemplaire lu : Editions Le Livre de Poche 
Collection Libretti

96 pages (30 pour le texte Micromegas)

ISBN : 978 2 253 14904 0

Prix éditeur 2008 : 1,50 € TTC


La couverture est une illustration de Joseph Hémard, datant de 1923.

 

Voltaire présente en 1739 une première version de ce texte à Frédéric de Prusse,  mouture intitulée « Voyage du baron Gangan » et il en parle dans ces termes : « C’est une fadaise (sottise) philosophique qui ne doit être lue que comme on se délasse d’un travail sérieux avec les bouffonneries d’Arlequin ». C’est effectivement un conte philosophique sur l’Homme, écrit à peu près  à la même époque que « Les voyages de Gulliver » de    J. Swift, et qui repose sur l’expédition Maupertuis, dont les mesures confirment les hypothèses de Newton sur la forme et les dimensions du globe terrestre :

 

Le narrateur évoque un jeune être, Micromégas, âgé  d'à peine 250 ans, mesurant 21 000 pas de haut, très intelligent,  habitant une planète située autour de l’étoile Sirius, qui voyage beaucoup dans l’Univers et qui est venu visiter la Terre. Nous apprenons que dans sa jeunesse, il a écrit un ouvrage sur les insectes invisibles au microscope. Le Muphti (chef de la religion mahométaine) lui a fait un procès pour hérésie concernant des découvertes aberrantes pour l’époque. Micromégas, plein d’humour, créa une chanson satirique pour se venger du Muphti (Il faut savoir que Voltaire a une dent contre la religion musulmane).

 

Un jour, il se rend sur Saturne, et réalise que les saturniens, bien que plus petits que lui, n’en sont pas moins intelligents. Il a alors une conversation avec le secrétaire de l’académie de Saturne, qui lui décrit les caractéristiques physiques des habitants de son monde. Il lui dit que malgré les 1000 sens dont sont dotés les saturniens, ces derniers jugent leurs capacités à ressentir trop limitées. Ils s’accordent sur le fait que partout, il y aura toujours des insatisfaits, quels que soit leurs caractéristiques physiques.  Ils réalisent également que la Mort est une notion universelle.

 

Micromégas et le saturnien partent ensemble pour explorer Jupiter et Mars, mais ne trouvent personne. Ils décident de pousser leur voyage jusqu’ à la planète suivante, la Terre.

 

Ils font le tour du globe et voient la Méditerranée qu’ils prennent pour une mare. Malheureusement, ils ne parviennent pas à voir ni à entendre les humains, trop petits…    Le Saturnien en déduit que puisqu’il ne voient rien, c’est qu’il n’ y a rien à voir… Micromégas, qui a l’esprit un peu plus affuté, n’est pas d’accord et ils commencent à se disputer. Le collier de diamants de Micromégas casse et le saturnien  a l’idée de s’en servir comme microscope. Ils voient ensuite un vaisseau plein d’humains, qu’ils n’entendent pas.

 

Micromégas crée un entonnoir pour les écouter et les trouve fort intelligents bien qu’étant très petits. Il leur offre sa protection et son respect. Les humains leurs parlent de leur monde, évoquent les guerres idiotes que se livrent un petit groupe d’humains (comme         l’indique une note de bas de page, Voltaire accuse ici les gouvernements de monter les soldats les uns contre les autres, au nom de Dieu), ils échangent sur la notion d’âme et de Dieu…

 

Voila. Tout  à fait consciente d’avoir fait une «critique» qui se limite à un résumé, Je vous avoue avoir un peu de mal  à commenter ce texte, n’ayant pas les connaissances nécessaires sur l’époque de Voltaire.  Mais vous en apprendrez beaucoup plus sur Wikipédia qui propose un article très fouillé sur ce texte.


Pour conclure, Micromégas est en réalité une satire sociale, avec de nombreux clins d’œil  à des personnages ou événements contemporains de Voltaire. On a la nette sensation que l’aspect « récit imaginaire mettant en scène une créature de l’espace » est simplement une excuse pour pouvoir faire des remarques sur différents faits de société…

L’appareil critique de ce livre, très riche pour un ouvrage à 1€50,  nous présente ensuite des explications relatives aux différentes éditions de ce texte, une biographie de Voltaire et enfin, quelques variantes du texte.

 

Ce petit texte, amusant à lire,  au style bien sûr un peu suranné ( à la mode…d’il y a 250 ans), est toutefois très clair et facile à lire, on en est agréablement étonné…Je dirais qu’il vaut le coup d’œil, ne serait ce que pour notre culture générale.
Et  à 1€50, on aurait tort de s’en priver…

 

Par Laurence
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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 21:11
 

Auteur : Robert Silverberg

Publié pour la première fois en 1972 aux USA chez Signet

Titre original : The book of skulls

 

Présente édition parue en France en avril 2004 au Livre de Poche

352 pages

Traduction de l’Anglais par Guy Abadia

Couverture : Jackie Paternoster

ISBN : 2 253 07296 6

Prix éditeur 2008 : 6,50 € TTC


La texture métallique du crâne de couverture très réussie, mais la représentation de l’homme est bâclée. C’est pourtant lui qui est au centre de ce roman ! Toutefois, cette couverture a un contenu informatif très fidèle au contenu du bouquin : La confrontation de l’Homme face  à la Mort, donc face à une partie de lui-même.


 
En effet, nous accompagnons ici
4 étudiants américains qui partent en Arizona à la recherche du monastère des Crânes, mentionné sur un vieux grimoire. Passer dans ce monastère plusieurs épreuves avec succès permettra à 2 d’entre eux d’accéder  à la vie éternelle… si les 2 autres acceptent de mourir. La cohésion du groupe va-t-elle résister à ces épreuves ? Qui  gagnera l’immortalité ?

 

Les 4 adolescents ont des profils très différents : Eli, le juif, Thimothy, le fils riche de bonne famille, Ned l’homo, et Olivier le paysan. On assiste à leur l’évolution face  à des événements exigeant d’eux d’avoir la Foi. Certains l’ont depuis le départ et la perdent en cours de route, pour d’autres, c’est l’inverse…Des personnages plutôt sympathiques au début du roman deviennent déplaisants, et vice versa. Robert Silverberg prend un malin plaisir à brouiller pistes.

 

Au début du bouquin, certains passages sont un peu longuets, notamment quand ils errent de bar en bar et de fille en fille, mais nous comprenons par la suite que ces passages ont leur raison d’être : Silverberg dévoile ses personnages en grande partie par le biais de leurs relations sentimentales, homosexuelles ou hétérosexuelles. L’épreuve des secrets honteux à dévoiler le confirme.

Ce texte est composé de 34 chapitres, chacun décrivant l’action par les yeux d’un des 4 garçons, et cela  à tour de rôle. Ce procédé nous permet de connaître les pensées des  étudiants et de les voir mûrir, sans nuire au rythme du déroulement de l’intrigue. Nos  compères arrivent au monastère exactement au milieu du livre.

L’auteur fait ici la part belle à la psychologie, aux sentiments et sensations des personnages vis  à vis d’eux-mêmes, de leurs compagnons et des étranges moines qui les accueillent. Et ici comme dans tous les monastères, le silence est d’or et l’introspection fait partie du quotidien...pour le meilleur et pour le pire.

Le « Livre des crânes » a été nominé en 1972 pour le prix Nébula du meilleur roman, en 1973 pour le prix Hugo du meilleur roman et a été élu second meilleur roman pour le prix Locus en 1973.


Pour conclure, les thèmes centraux du « Livre » ne peut laisser personne indifférent : Jusqu’ou serions nous prêts à aller pour échapper à la mort ? Faut il avoir la Foi pour trouver la paix de l’esprit ? Si cette Foi existe, à quel point est elle solide ? Les points forts de ce roman sont le déroulement du récit à 4 voix, l’analyse de l’évolution psychologique des personnages, le suspens de la première à la dernière page sur qui  mourra et qui vivra. Par contre, la fin m’a laissée perplexe : On a envie de dire : « Tout ça pour ça… ». Après tous les efforts déployés par Silverberg pour entretenir le suspens au sujet de ceux qui échapperont à la « Grande Faucheuse », on aurait aimé connaître le verdict des moines sur les 2 « gagnants » de l’Immortalité, et entendre leurs justifications, quelles qu’elles soient…

Mais parfois, le charme d’un voyage ne repose pas sur le lieu  on arrive, mais sur le fait d’être en route. C’est la philosophie de ce bouquin, qui laisse le lecteur libre d’imaginer qui aura gagné l’immortalité... Le « Livre des crânes » est une quête physique et psychologique qui repose sur la connaissance de soi. Un très beau livre à lire et à relire pour en saisir toute la finesse.

Par Laurence
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Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /Fév /2009 21:28

Les dates indiquées correspondent à la date à laquelle l'oeuvre est apparue pour la première fois dans le monde de l'Edition.

ALDISS Brian W.

Le monde vert (1961) 


BAUDOUY Michel-Aimé

Deux billets faux (1954)




BESTER Alfred

Le temps n'arrange pas tout (1953) 




CARLSON Esther

In...Terre communications (1953) 



CHANDLER Raymond

La porte de bronze (1939) 



DICKENS Charles

Le rat qui parlait (année1ere parution inconnue, texte écrit en 1860)


EASTON ELLIS Bret

Zombies (1994) 


FARMER Philip José

Attitudes(1953)



COLLECTIF

Fiction N°5




Par Laurence

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  • : Bienvenue dans mon espace. Vous trouverez ici mes notes de lectures concernant principalement des livres de Science-Fiction de toutes époques et de tous styles... "Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse" A. de Musset
  • : 01/02/2009
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              Réedition parue le 5 février 2009

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